:. Accueil
 :. L'Association
 :. Personnalités
 :. Actualités
 :. Dossiers
 :. Galeries
 :. Forum
 :. Vidéos
 :. Rendez-vous
 :. Boutique
 :. Partenaires
Exposition INVENTEURS ET SAVANTS NOIRS
Actualités

Retour liste des Actualités
Sénégal: Dr Ousmane Kane du Crat
« il y a un manque de collaboration dans une approche systémique en matière de recherche »

Le Soleil (Dakar)
INTERVIEW
Propos Recueillis Par Daouda Mane


Le Dr Ousmane Kane est titulaire d'un PH-D en Sciences et Technologies des aliments de l'université de Laval (Quebec) au Canada. Ancien directeur de l'institut de technologie alimentaire (ITA) de 1981 à 1986, le Dr Kane qui dirige aujourd'hui le centre régional africain de technologie (CRAT) fait un état des lieux exhaustif de la recherche en Afrique et au Sénégal.

Lors de la journée de la renaissance scientifique africaine, vous avez esquissé le tableau peu reluisant de la recherche en Afrique. Quel est réellement l'état des lieux dans le continent et au Sénégal ?

La journée centrée cette année sur les technologies de pointe a été l'occasion d'expliquer le rôle et l'importance de la science et de la technologie dans le développement du continent et d'en appeler à la conscience collective des Africains. Pour ce qui est de l'état des lieux, au plan continental, on retiendra surtout que l'Afrique marque le pas aussi bien pour la production scientifique que pour le potentiel. La volonté politique a été bien exprimée. Le chapitre 5 du plan d'action de Lagos, la science et la technologie occupe une vingtaine de pages. Il y a eu beaucoup de résolutions que ce soit avec l'Oua, l'Ua, le Nepad. Mais il manque des actes concrets.

Il s'agit de traduire dans les faits un bon soutien à la recherche, à la formation scientifique et technologique et à l'exploitation des résultats de la recherche, les transformer en biens et services et répondre aux besoins des populations. Au niveau national, on peut placer le p ays parmi les 15 premiers d'Afrique. Mais il faut que le ministère puisse véritablement impulser une dynamique nationale de production et d'exploitation de la recherche, octroyer des ressources conséquentes. L'Afrique du Sud est le pays le plus performant en se dotanr d'une politique nationale articulée sur la recherche, la production et sur le marché. C'est cela le trépied de la recherche.

Les chercheurs réclament toujours un cadre juridique et administratif (statut de chercheur). Est-ce un impératif pour une bonne recherche ?

Pas en tant que tel. Mais pour régir la carrière du chercheur, il faut un cadre juridique, un statut qui doit être un élément de référence, de motivation pour intégrer la recherche, y rester.

Lors de la journée, vous avez suggéré de convertir le brain drain (fuite des cerveaux) et brain gain. Qu'est-ce à dire ?

Il s'agit tout simplement de faire en sorte que les Africains de la diaspora puissent jouer un rôle, tirer profit d'eux en faisant en sorte qu'ils rétablissent le cordon ombilical avec les structures de recherche ou de formations avancées (universités). La diaspora peut nouer des contacts permettant d'envoyer de jeunes étudiants dans les institutions de recherche dans lesquelles elle exerce.

Le Pr. Souleymane Niang, président de l'Académie des Sciences a invité les chercheurs à mettre l'accent sur le transfert des savoirs et non de la technologie. Qu'en pensez-vous ?

Tout est d'abord lié au savoir. Puis vient le savoir-faire. La recherche passe la compréhension, la domestication, la maîtrise et l'innovation. C'est la raison pour laquelle nous préférons parler d'acquisition pour montrer que le transfert de technologie ne doit pas être un mécanisme passif, mais actif qui procède d'une claire identification des besoins et d'un choix sélectif.

Dans le domaine de la recherche, l'esprit de compétition prend souvent le pas sur l'esprit d'intégration au moment où les moyens font défaut. Dans ces conditions, l'Afrique peut-elle prétendre relever le défi ?

L'Afrique, certainement peut et doit relever le défi. La compétition s'explique par le fait que la recherche génère des paquets technologiques qui, eux-mêmes sont étroitement liés aux gains de productivité. Donc l'innovation doit être un processus permanent aussi bien qu'au niveau de la recherche qu'au niveau de la production. Il faut aussi préciser que la recherche est aussi synonyme de protection, de droits de propriété intellectuelle qui sont générateurs d'actifs sous forme de brevet, marque, licence, etc. Au niveau national, la compétition peut être saine. Il faut plutôt souligner le manque de collaboration, de concertation dans une approche systémique. Il n'ya pas de système national de recherche, même s'il existe des embryons.

Les résultats de la recherche sont souvent destinés au secteur privé. En Afrique, existe-t-il un partenariat entre ces deux domaines ?


Très timidement. L'impact pouvait être plus important. Il faut inverser la tendance pour que le privé puisse s'impliquer dans la recherche. Par exemple en Corée, en 1967, le montant global alloué à la recherche était de 3 millions de dollars dans lequel le gouvernement avait près de 97 %. En 1996, ce montant est passé à 1 milliard 300 millions de dollars, supporté par le privé à 77 %. Donc la tendance a totalement été renversée et le secteur privé est devenu le principal bailleur de la recherche. Le gouvernement ne crée qu' un environnement propice à la recherche.

En quoi consiste le travail du CRAT ?

Le centre a été créé en 1977 et est devenu opérationnel en 1980. Il compte 31 pays et traduit la volonté politique. C'est un instrument de promotion, d'impulsion du développement scientifique et de renforcement des capacités institutionnelles. Mais les pays membres ne payent souvent pas les cotisations qui devraient permettre au CRAT d'être un instrument de promotion, d'impulsion et de coordination des efforts du se font dans le continent. Le CRAT assure des services de conseil, de formation, d'information et de documentation, l'équipement de centres, favorise la coopération dans et hors du continent. Il a mené une étude de l'évaluation des besoins. Ce qui a permis de dégager des priorités notamment dans le secteur agroalimentaire (avec comme finalité la création de PME), énergétique (biogaz). Lesquels besoins sont traduits en programmes.


ARCHIVE, le 18 Juillet 2006     

Vos commentaires
Pas de commentaire enregistré
Identification
login:

mot de passe:


pas encore inscrit ?
Mailing-list
Faire un don
Soutenez-nous !
Forum

 information

 Grand pilier de la religion musulmane BILAL

 Edmond Albius

 africains know how


Ephémérides
10 Décembre 2018
Déclaration universelle des droits de l'homme à l'ONU.
-1948
Mort de Otis REDDING chanteur de R&B.
-1967
Plan du site | Contact Copyright © 2018 ARCHIVE | Réalisé par Elmana