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BRAZZAVILLE, DES PREMIERS JEUX AUX PREMIERES SONORITES
Les Brazzavilles, devenues totalement noires, et qui se sont fondues en un monôme, un peu après la deuxième moitié du XX eme siècle, en capitale du Congo de la rive droite, s´est, depuis, fait remarquer par son invariable engagement panafricain.

Au commencement des sources écrites, la région fut connue , dernière terre ferme avant les infranchissables cataractes du puissant fleuve, comme Pombo, l´incontournable centre mercantiliste tourné vers les cõtes de l´ ancien Kongo, grosses pourvoyeuses de main d œuvre vers le Golfe de Guinée, les Amériques et les Caraïbes.

Le Pool deviendra, naturellement, par cette intense activité commerciale, un important centre politique.

Fractionné, il s´ouvrira à l`Europe, sur la rive droite, par Mbé.

Ultime territoire français avant les autres dominiums d´Afrique centrale et australe, Paris s empressera de choisir Mfwa, en lieu et place de Mbé, fief sur les Plateaux batekes, de l´Onkoo. Il en fera la capitale de son Afrique Equatoriale et lui adjoindra, au passage, le nom de l´explorateur italien.
Le destin panafricain et phagocytaire de Brazzaville s´établira à partir de cet agencement administratif et politique régional.
Par ailleurs, par un extraordinaire cumul, le choix, très géographique et lointain, fait par la France épargnée, d´en faire, aussi, sa « capitale « , renforcera son aimantation. Et, de nombreux africains y afflueront.

Le soleil des indépendances se lèvera, évidemment, dans la capitale communautaire.

Ville de justes, elle engagera la rupture d´Août et s´érigera, courageusement, comme l´un des avants postes de l´Afrique indépendante et volontariste, avant le glacis lusitanien.

Et, le panafricanisme militant va marquer toute son évolution politique.

Ayant bien pris le vent unificateur d´Addis, la vaillante cité, extraordinairement mobilisée, relèvera avec brio, contre toute attente, le défi des Premiers Jeux Africains. Ce fut là, le véritable acte fondateur de l` Afrique des peuples. Brazzaville sortit, par cette héroïque opération, le verbe unificateur des couloirs du haut plateau d´Africa Hall.

Trente après, le fief des « Bantu de la capitale » reprendra, avec sacrifice et aplomb, le flambeau de la construction, par la culture, de l´Union Africaine, avec l´organisation du Festival Panafricain de Musique.

En dix ans, Brazza, la « rumbera « , a presque tout présenté de la musique africaine.

D´abord, les vieilles traditions musicales du continent et de ses îles, dont les expressions les plus caractéristiques sont les fameuses polyphonies vocales ou instrumentales, l´exécution homophonique accompagnée ou non de percussions et la mesure additionnelle de divers accessoires sonores.


Ensuite, l´essentiel des cristallisations modernes ou contemporaines telles l´énergique rai algérien, les enchaînements lascives du mbalax sénégalais, l´attachant makossa camerounais, la grâce du djembé gabonais, l´irrésistible semba angolais, le mbaqanga sud africain et les ballades mandingue.
La Patte d´Oie a aussi enregistré le son des puissantes musiques noires de l´ Outre Atlantique avec les inusables et entraînantes séquences rythmiques afro-cubaines, la douceur de la soul , les tonalités élégantes du rythm´ n´ blues, les nouvelles cadences du reggae et la berceuse souk venue des Petites Antilles.
Toutes ces facettes de la musique des « Damnés de la Terre « ont rejoint dans la ville, jouxtant le lac aux jacinthes, le puissant déferlement de la nouvelle musique du Bassin du Congo. Elle est envahissante, dominatrice et toujours plus virile.

Le prévisible bain de Kin au Festival, la vraie ou la fausse jumelle, n´aura d´ autre effet que de confirmer la preéminence de ce courant, torride et dansante ; le cœur du continent draînant bien sa musique.
Le pont de Joseph Kabasele et Franklin Boukaka ainsi reconstruit, donnera, au passage, á la fête des musiques de l´Union, son réconfortant caractère intégrateur.

En dix ans, le Festival s´est constitué en une incontournable référence de la musique africaine et de ses démembrements á travers le monde.

Organisé avec application et générosité, la fête a su rassembler le meilleur du répertoire musical et chorégraphique du continent des origines.

Réputées pour être des foyers parmi les plus créatifs de la musique africaine moderne, les villes des « Victoria » mais aussi le grand site de mémoire de la « Loango Coast « , Pointe Noire, ont servi, naturellement, de cadre á la tenue, á chaque levée festivalière, d´échanges réguliers et enrichissants sur les différents aspects de l´évolution des musiques du continent et de leur diagnostic scientifique, dans le cadre du Symposium de Musique Africaine.

L´on y a évalué, notamment, le degré de continuité esthétique et de traitement organologique des expressions traditionnelles dans la production musicale africaine contemporaine. Et, cet état des lieux a été fait suivant deux déclinaisons.

La première, endogène, a été spécifiquement consacre au tam - tam , ce vieux et énergique membranophone, dont le solide ancrage anthropologique dans les sociétés africaines a été mis en relief.

La seconde, outre - atlantique, a permis de présenter les résultats des recherches entreprises ces dernières années, sur l étonnante perpétuation, dans les vastes Amériques et l´ensemble insulaire caribéen, des musiques de la contre - côte.

Naturellement, ces angles d´analyse se sont retrouvés, lors de l´année charnière 1999, réexamines, lors de l´important bilan fait de l´évolution de la musique africaine au XX ème siècle.

Cette appréciation centennale a été l´une des plus grandes contributions du Symposium á l histoire de la musique africaine et de sa continuité outre- mer.

La rétrospective faite a mis en évidence la dynamique moderniste qui a permis d´introduire dans la musique africaine, de nouveaux supports instrumentaux, de nouveaux modes de composition et d´exécution des morceaux et l´utilisation des effets d´audition modernes.

Les dix ans d´existence ponctués par les cinq éditions, ont, incontestablement, fait de la fête biennale, l´un des chaînons endogènes, d´ envergure, de promotion de la musique africaine, dans un moule ouvertement intégrateur.

Aujourd´hui, il est presque sûr, qu´après la courageuse contribution de l´ ancien centre fédéral à la libération totale du continent et sa contagieuse détermination panafricaine, William Edward Burghart Du Bois ressuscitera à Mfwa.


Simao SOUINDOULA
Historien
Ministère de la Culture
Luanda ( Angola )
ARCHIVE, le 25 Septembre 2006     

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