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MONTESQUIEU RASCITE?
"De l'esclavage des nègres", est extrait De l'Esprit des Lois, de Montesquieu. Montesquieu était un écrivain et un philosophe des lumières très engagé politiquement, et contre l'esclavage des noirs.
Ce texte peut être lu comme une critique ironique, car tout d'abord, il paraît comme un réquisitoire des noirs. Mais, il s'avère ensuite ironique, et est en fait une dénonciation des pratiques esclavagistes sur les noirs.

Voici le texte intégral de Montesquieu tant évoqué du chapitre V - Livre XV de « De l’esprit des lois » (1) :

« Si j’avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais : Les peuples d’Europe ayant exterminé ceux de l’Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l’Afrique pour s’en servir à défricher tant de terres.

Le sucre serait trop cher, si l’on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves.

Ceux dont il s’agit sont noirs depuis les pieds jusqu’à la tête ; et ils ont le nez si écrasé qu’il est presque impossible de les plaindre.

On ne peut se mettre dans l’esprit que Dieu, qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout bonne, dans un corps tout noir. Il est si naturel de penser que c’est la couleur qui constitue l’essence de l’humanité, que les peuples d’Asie qui font des eunuques, privent toujours les noirs du rapport qu’ils ont avec nous d’une façon plus marquée.

On peut juger de la couleur de la peau par celle des cheveux, qui, chez les Égyptiens, les meilleurs philosophes du monde, étaient d’une si grande conséquence qu’ils faisaient mourir tous les hommes roux qui leur tombaient entre les mains.

Une preuve que les nègres n’ont pas le sens commun, c’est qu’ils font plus de cas d’un collier de verre que de l’or, qui, chez des nations policées, est d’une si grande conséquence.

Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes ; parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens.

De petits esprits exagèrent trop l’injustice que l’on fait aux Africains. Car, si elle était telle qu’ils le disent, ne serait-il pas venu dans la tête des princes d’Europe, qui font entre eux tant de conventions inutiles, d’en faire une générale en faveur de la miséricorde et de la pitié ? »...


Au premier abord, on peut considérer que ce texte critique sévèrement les noirs, par leur physique, et en les excluant de la vie religieuse sociale, et économique.
Premièrement, les noirs sont blâmés, à l'aide d'arguments esthétiques. Comme Montesquieu le remarque, "ceux dont il s'agit sont noirs depuis les pieds jusqu'à la tête, et ils ont le nez si écrasé qu'il est presque impossible de les plaindre" (l. 5/6). Effectivement, les esclaves africains étaient noirs, contrairement aux Français au XVIIIème siècle, et cette différence leur posait problème. "Le nez si écrasé" (l. 5) qu'ils possèdent aussi, est accentué par un intensif, et montre bien qu'ils sont tellement différents physiquement, et même laids et qu'il n'est pas nécéssaire de se soucier d'eux. Car, de toute façon, à cette époque, pour le roi, ceux qui ne ressemblaient pas aux Français, ne méritaient pas le même statut.
Dans le même sens, Montesquieu se justifie dans cette phrase : "il est si naturel de penser que c'est la couleur qui constitue l'essence de l'humanité" (l. 10), qui montre qu'une chose aussi simple que la couleur de peau, constitue quelque chose de très important, qui est l'humanité. Donc, si les noirs n'ont pas la bonne couleur de peau, ils ne peuvent pas faire partie de l'humanité.
Avec ses arguments esthétiques, Montesquieu veut montrer qu'à l'époque, le physique d'une personne et sa couleur de peau était importants pour déterminer son avenir, en tant que citoyen ou esclave.

D'autres arguments sont ainsi développés, notamment par rapport à la religion.

D'après le texte, "on ne peut se mettre dans l'esprit que Dieu, [...], ait mis une âme, surtout bonne, dans un corps tout noir" (l. 7/8). Il est ainsi montré, que pour la religion de l'époque, il était invraisemblable qu'un noir puisse être un être humain comme tout homme chrétien, car étant noir, il ne mérite pas d'âme. Et d'après la religion, un homme était constitué d'un corps et d'une âme. Or ici, il est expliqué que Dieu n'aurait pas pu donner une âme à un corps de cette couleur, car elle est différente. L'adverbe "surtout", insiste que, même dans le pire des cas ou un noir aurait une âme, elle ne pourrait être que mauvaise.
Il est ensuite rajouté, que "il est impossible que nous supposions que ces gens là soient des hommes, parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous sommes pas nous-mêmes chrétiens" (l. 18). Ceci pour démontrer qu'il est plus correct de douter que les esclaves soient des humains, plutôt que de douter que les homme soient croyants. Et à cette époque, le catholiscisme était la religion d'état en France, et les autres n'étaient que peu acceptées. Donc pour les Français, c'est la parole de Dieu, qui est censée être la plus importante.

Ses arguments appuient le fait que les esclaves ne sont pas humains, d'après la religion, et aussi qu'ils ne pas sont pas adaptés à la vie sociale, ni à la vie économique.

Les noirs, d'après le texte, ne peuvent pas vivre en societé, comme il est noté à la ligne 16 : "une preuve que les nègres n'ont pas le sens commun, c'est qu'ils font plus de cas d'un collier de verre que de l'or, qui, chez les nations policées, est d'une si grande conséquence" (l. 16/17)incapables de juger le vrai du faux, et ceci est accentué par l'intensif 'si", car ils attacheraient plus d'importance à du verre que de l'or, donc ils ne connaissent pas la valeur des choses, et sont inadaptés à l'économie.
Et ainsi, il est expliqué de la même manière, que les esclaves seraient très mauvais pour la societé s'ils étaient dedans, car "le sucre serait trop cher, si l'on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves". Il est tout aussi aberrant pour l'époque, de payer cher, si on peut payer moins, en faisant travailler des esclaves, car cela bouleversait l'économie. De la même façon, sans les esclaves, les terres ne seraient pas défrichées, d'autres travaux ne seraient pas fait, et donc, la société vivrait mal.
En conclusion, le texte exclue les esclaves du monde humain, à cause de leur couleur de peau, et leur incapacité à participer à la vie sociale économique et religieuse, car aussi, ils manqueraient aux autres car leur travail est utile.



Cependant, Montesquieu ne pense pas ce qu'il dit dans le texte.

II.

On peut principalement remarquer que de nombreux procédés qui décrédibilisent ce qu'il dit, et que le texte est ironique.
Tout d'abord, le texte commence par la conjonction "Si", qui introduit une hypothèse. Cela montre donc, que ce qu'il dit n'est pas toujours applicable, et qu'il est même possible que ce soit irréel. Le conditionnel, présent à plusieurs reprises dans le texte, par exemple "dirais" (l.1), "serait" (l.3, l. 21) insiste encore plus, sur l'hypothèse et la non-réalité de ce que dit Montesquieu, alors qu'un véritable argumentaire serait entièrement écrit au présent de vérité générale.
De plus Montesquieu commence son texte à la première personne du singulier "je" (l.1), car il parle de son avis personnel, alors que dans la suite du texte, il utilise "on" (l. 7, 13, 20) ainsi que la 1ère personnel du pluriel "nous" (l. 11, 18), et on ne sait pas à qui d'autre il fait référence. Cela décrédibilise ce qu'il dit, car son argumentaire n'est pas logique, il s'appuie sur d'autres personnes non mentionnées, afin de ne pas être le seul à porter la faute.
Aussi, il essaie de faire une concession à partir de la ligne 20 : "De petits esprits exagèrent trop l'injustice que l'on fait aux Africains". Il reconnait effectivement qu'une injustice est commise envers les esclaves, cependant, l'emploi d'un adverbe superlatif comme "trop", à la suite d'un verbe de sens très fort comme "exagérer", fait insister trop lourdement sur la non-crédibilité des "petits esprits", qui sont eux-mêmes dépréciés.
Pour finir ce qu'il dit, Montesquieu emploie une question rhétorique à la fin du texte : "Car, si telle était qu'ils le disent ne serait-il pas venu dans la tête des princes d'Europe, qui font entre eux tant de conventions inutiles, d'en faire une générale en faveur de la miséricorde et de la pitié ?" (l. 20/23), qui laisse en suspens la réponse. Mais ceci est une question absurde, qui ne va pas dans le sens de l'argumentaire. Elle permet de mettre en conclusion des mots comme "miséricorde" et "pitié", qui sont contraire au vocabulaire général du texte, et donc, Montesquieu ne conclue pas par ce qu'il a essayé de démontrer tout au long du texte.

Son argumentaire, en plus d'être mal construit, est absurde et construit avec des procédés de l'ironie.

Montesquieu ne pense absolument pas ce qu'il dit. Beaucoup d'hyperboles, de superlatifs et d'intensifs sont utilisés, ce qui renforcent l'irréalité de sa critique, comme par exemple "si écrasé" (l.5), "privent toujours" (l. 11), "les meilleurs philosophes du monde" (l.14), "si grandes conséquences' (l.17). Il est évident que Montesquieu ne pense pas que d'autres sont les meilleurs philosophes du monde, car il en est lui-même un. La phrase "ils ont le nez si écrasé qu'il est presque impossible de les plaindre" (l.5/6) est absurde. Il n'y a pas vraiment de rapport logique entre un détail physique, et l'impossibilité de les plaindre, car au contraire, quelqu'un qui a problème physique est plus facile à plaindre, et Montesquieu ne penserait pas cela.
De la même façon, la phrase "il est impossible que ces gens là soient des hommes" (l. 18) n'a pas de sens, car des gens sont forcément des hommes. Alors qu'ici, l'expression "il est impossible que" insiste, et exprime totalement le contraire. D'autres expressions dans le texte expriment la véracité des dires, comme "il est naturel de penser que" (l.10), "on peut juger" (l.13), alors qu'elles sont suivies de phrases complètement absurdes.
C'est le cas, pour toute la phrase "il est impossible que nous supposions [...] que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens" (l. 18/19). Elle exprime que les hommes dont il parle sont chrétiens, et qu'il serait invraisemblable de considérer les noirs comme des hommes. Cependant, les chrétiens sont censés traiter tous les hommes de manière égale, donc ils ne se réveleraient pas chrétiens en n'acceptant pas les noirs comme hommes. Alors qu'ils expriment le contraire. Ceci est donc un contresens total, et prouve l'absurdité du raisonnement de Montesquieu, afin de faire comprendre que ce qu'il dit est ironique.

Effectivement, le vrai but du texte est de dénoncer la monarchie absolue.

Montesquieu, fait implictement dans ce texte, une plaidoirie des noirs, et une critique du roi qui était favorable à l'esclavage.
On a pu remarquer précédemment qu'il avait de nombreux arguments contre les noirs, cependant, aucun d'eux ne sont valables. Montesquieu voulait évidemment, défendre les noirs. On peut dire que dans le dernier paragraphe du texte, l'expression "de petits esprits", qui "exagèrent trop l'injustice que l'on fait aux Africains"(l. 20) , se rapporte à Montesquieu lui-même. Il veut exprimer, que ceux qui, comme lui, défendaient les noirs, n'étaient pas du tout considérés par le pouvoir royal de l'époque.
Alors que, ce même roi, était favorable à la traite des noirs, et c'est ce contre quoi Montesquieu militait. Il fait la critique de toutes les formes de maltraitance que subissent les noirs, dues à leur physique, et le fait qu'ils ne soient pas intégrés à la vie sociale et religieuse du pays, comme nous l'avons vu précédemment. Une dénonciation des chrétiens est aussi faite, comme quoi ils croyaient avoir la foi alors que ce n'était qu'une illusion car ils ne suivaient pas la parole de Dieu.
C'est ainsi que toute la critique revient au même point; la monarchie absolue, qui était trop réductrice et totalitaire, car elle empêchait les philosophes de s'exprimer (Montesquieu a d'ailleurs échappé plusieurs fois à la censure) elle défendait aux noirs de s'intégrer, et se croyait chrétienne alors que ce n'était qu'un simple prétexte.

Ccl

En conclusion, ce texte, qui apparaissait comme une critique des noirs, est en fait une profonde dénonciation de l'esclavagisme en France, et du roi, comme c'est également le cas pour le chapitre 19 de Candide, de Voltaire, lorsque Candide lui-même rencontra le nègre de Surinam.
Et malgré la monarchie absolue, l'esclavage sera quand même aboli en 1848, un siècle plus tard. Ce qui prouve, que les protestations de Montesquieu, ne sont pas averées inutiles.

Par Morgan



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ARCHIVE, le 19 Mars 2008     

Vos commentaires
Posté par tiguinemoule le 13 Janvier 2011 à 18:20

Alambiqué

Montesquieu était un raciste notoire vôtre explication alambiqué ne me convient pas. Quand on pense qu' il as fallut un siècle de plus pour l' abolition de l' esclavage. Des "lumières" !!! parait-il. Ces gens là ont cautionnés la traite des noirs. De toute façon à cette époque qui avait droit à la culture?
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