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Le système éducatif, clé du développement de l’Afrique
La conception d’un système éducatif d’une société s’appuie fondamentalement sur les éléments socioculturels de sa propre histoire. Ce n’est qu’après cette appropriation des aspects essentiels de sa propre culture qu’on peut mieux intégrer les points positifs des cultures extérieures. Sinon, les pays africains en particulier ceux de l’Afrique subsaharienne auront du mal à s’approprier les cultures extérieures. Il ne s’agit pas dans ce retour aux sources, de s’enfermer dans sa culture, mais plutôt de s’en servir pour entrer dans une ère moderne propre à l’Afrique. Cette vision n’a rien d’utopique, il suffit seulement de l’avoir pour la partager avec tous les acteurs et surtout, se donner les moyens de la réaliser sur le long terme et progressivement, en s’appuyant sur les bons leviers. Or, l’un des leviers sûrs dans tout développement d’un pays, n’est-il pas justement l’éducation ? Au travers entre autres des programmes éducatifs bien conçus, stratégiques, avec une bonne vision sur l’avenir, certains pays asiatiques n’ont-ils pas montré que l’éducation est par excellence l’un des moteurs clés du développement ? L’Afrique doit tirer les leçons de ces expériences pour qu’à son tour, elle déclenche son propre développement.



1- La problématique du développement

L’Afrique a devant elle un sérieux défi à relever. Aujourd’hui, elle constate l’échec de son développement. Pourtant, les populations font un travail laborieux, produisent toute une gamme de produits et de services et contribuent substantiellement à l’économie africaine. Malgré cet effort, leur niveau de vie stagne ou régresse.

Cela nous semble dû au fait qu’en Afrique, les classes dirigeantes n'arrivent pas à impulser un véritable développement, faute de vision ambitieuse, claire, et partagée par tous.

Cette situation ne peut plus durer, le développement de l’Afrique est d’abord l’affaire des africains. Il faut que, dès aujourd’hui, les pays se donnent les moyens de déclencher un réel développement.

Les conditions essentielles nous semblent réunies pour permettre ce décollage, il ne manque plus qu’une vision stratégique qui doit nous conduire sur la voie du développement. Dans de nombreux cas, cette mise en adéquation du développement (à court et moyen terme) et des moyens nécessaires pour y arriver se fait superficiellement et, la vision du long terme est souvent absente.

Dans ce processus de mise en place d'une stratégie de développement, l’Afrique doit se projeter et définir entre autres les besoins en femmes et hommes compétents dont elle a et aura besoin pour accompagner ce développement. Cette éducation devra être porteuse d’un sens, d’une âme, pour que les nouvelles générations se sentent libres, et sentent avec une forte conviction ce pouvoir qu’ils ont d’être les maîtres de leur destin.
Car, aujourd’hui la jeunesse africaine subit injustement cette vision erronée de nos politiques sans lendemain qui nous maintiennent dans la dépendance extérieure, et dans ce constat encore réel aujourd’hui : que les affaires africaines se jouent fondamentalement à l’extérieur du continent. Il faut ouvrir une ère nouvelle, pour que toute cette énergie humaine sacrifiée puisse enfin s’exprimer réellement, en construisant l’Afrique de demain et en contribuant substantiellement à la construction du monde de demain.


2- Le secteur de l’éducation

2-1- La problématique

L'histoire toute récente de la réussite économique de certains pays asiatiques, montre que la ressource humaine est la richesse de loin la plus stratégique et la plus importante dont peut disposer un pays ou une entreprise pour son développement, sa compétitivité et sa créativité. C’est pourquoi les ressources humaines doivent être gérées d'une manière intelligente.
Pour s'arracher à la pauvreté, les pays africains doivent impérativement éduquer d'une autre façon. Il faut aussi que les moyens alloués à l'enseignement soient à la hauteur des ambitions et que les programmes soient réellement stratégiques. Avoir l’esprit libre, la confiance en soi et dans les autres, c’est finalement le but ultime de toute éducation.

Il faut s’approprier définitivement la modernité à notre manière, par des politiques ambitieuses, volontaristes et déterminées. Cet exercice d'apport intelligent des éléments culturels extérieurs pour l'enrichissement et la modernisation de sa propre culture, est un passage obligé.

La conception du système éducatif d’une société doit tenir compte de son histoire et de ses éléments culturels, dans le but d’aboutir à un épanouissement équilibré. Ghandi disait que la force morale est plus importante que la culture livresque. Or, l'élite africaine souffre bien d'un problème de culture livresque qui lui est administrée au travers des programmes scolaire et/ou académique trop théoriques, n’ayant pas un lien fort ni avec les problèmes de développement qui se posent, ni avec les cultures ancestrales locales.

2-2- Donner de l’âme et du sens à l’éducation

Le sens, c'est la direction, le chemin, c'est une représentation en perspective de ce que l'on sera demain si on entreprend tel projet. Donner du sens c'est comprendre les raisons d'entreprendre quelque chose. On doit donc connaître les objectifs visés.

La formalisation du sens à donner à l'éducation en Afrique a de nombreuses sources pour s'alimenter, tant le contexte historique de l'Afrique subsaharienne recèle d’énormes injustices subies par ses peuples. Ce sens pourrait être tout simplement : "Prendre en mains notre destin, contribuer par notre façon de voir les choses à construire le monde de demain".

Une formulation claire des objectifs stratégiques de l'éducation est indispensable pour une bonne prévision des compétences nécessaires à l'horizon "t". C'est l'un des points faibles de beaucoup de systèmes éducatifs en Afrique.

Il faut s’interroger d’une manière approfondie sur le sens de l’éducation et le rôle qu’elle doit jouer dans le processus de mise en place d’un développement autonome et global. Ce développement autonome devrait d’abord se cristalliser au niveau de la conscience individuelle, et ensuite dans la vie en communauté ou société humaine. Trouver ce sens à donner à l’éducation, c’est justifier son existence et lui donner une âme. On n’éduque pas ses enfants pour le simple fait d’éduquer. Chaque parent souhaite qu’à travers l’éducation qu’il donne à son enfant, celui-ci puisse s’en sortir dans la vie et dans le respect d’autrui, être utile à sa société, etc.…On souhaite tous que nos enfants puissent se sentir bien, être heureux.

En Afrique, on sent un besoin fort de révision des programmes éducatifs, dans le but de les moderniser et de leur donner en même temps une âme qui prend racine dans les profondeurs des cultures locales.
Dans ces sociétés, le choc culturel au cours du processus de colonisation a été tellement fort, qu’on le sent encore aujourd’hui, quarante ans après l’indépendance de beaucoup de pays d’Afrique noire. La prétendue modernisation des institutions africaines n’est qu’un leurre, tant qu’elles n’auront pas connu une cure de désintoxication. Il faudrait partir des valeurs culturelles locales et de la façon dont celles-ci sont traduites ou étaient traduites dans la gestion de la vie en société, et puis les adapter et les améliorer en intégrant des éléments d’autres cultures.

Ce processus est légitime pour l’Afrique, qui risque de perdre à jamais un terreau culturel fort riche, et, en même temps, son identité. Longtemps dépossédée de ses cultures, l’Afrique doit se réveiller pour les sortir de l’anonymat et les porter à la connaissance du monde. Il faut que les pays africains retrouvent leur identité, non pas pour s’enfermer dedans, mais pour mieux enrichir nos cultures respectives, mais également pour apporter aux autres cultures d’autres façons de se représenter le monde, et d’autres modèles d’organisation de la société humaine.

Le système éducatif doit être revu, dans le but proclamé de voir demain des femmes et des hommes qui n’ont pas peur d’afficher leur identité, leur culture et surtout de la partager avec les autres, car de l’échange jaillit la lumière.

3- Proposition d’actions

Elles visent à remédier aux principales faiblesses des systèmes d’enseignement actuels, à savoir :

· Une absence de sens

· Une éducation sans aucune stratégie sur le long terme

· Des programmes d’enseignement sans référence aux cultures locales pourtant si riches, et sans prise en compte de l’histoire africaine et de la réalité économique actuelle de l’Afrique, comme si on voulait maintenir les Africains dans l’ignorance de leurs propres problèmes.

Il faut impérativement, trouver des solutions pour que l’éducation soit vécue comme l’une des principales clés de l’accès à la liberté, à l’épanouissement et au développement des peuples. C’est bien ce sens qu’il faut graver dans la conscience de tout africain.

Le NEPAD, les gouvernements et tous les africains doivent se mobiliser pour que les programmes d’enseignement soient ancrés dans cette logique de liberté et d’indépendance de notre esprit, pour que les jeunes et les moins jeunes comprennent enfin que c’est par nous mêmes que le développement se fera. De plus, cette conviction existe aujourd’hui, il ne reste qu’à la cultiver et à la traduire dans des actions concrètes de bonne gouvernance, d’équité et d’amour de notre continent, qui a tant souffert.

3-1- Internet et son rôle dans l’éducation et la communication

Son coût, relativement faible, ne devrait pas être un frein à son développement
Dans notre perspective de transformation du système éducatif actuel, il est important d’utiliser au mieux ce nouvel outil pour que :

· Les jeunes africains découvrent et s’approprient et les richesses et les valeurs fondamentales de leurs cultures

· Les jeunes africains sachent que dans des domaines (comme les découvertes scientifiques entre autres) traditionnellement connus comme étant « l’apanage des blancs », les noirs ont toujours été, et sont toujours présents.


De la première opération à cœur ouvert (1893) à l’invention de caméra-spectographe de l’Apollo 16 (1972)(3), en passant par les inventions du système de télégraphie à induction (Télégraphonie), de l’électrification des voies ferrées, des feux de circulation tricolores, du « théorème mathématique Rao-Blackwell », du dispositif de contrôle de la réactivité nucléaire, de l’amélioration du disque dur (4)…, la contribution des noirs dans les domaines scientifiques et techniques n’est pas à démontrer, contrairement aux idées reçues qui tendent à faire croire que les noirs ne sont bons que pour « les sports et la musique ».

Il existe aujourd’hui de nombreux sites africains ou autres, faciles d’accès et bien construits. Ils présentent et valorisent les cultures africaines traditionnelles, ainsi que l’apport important des « noirs » dans les domaines scientifiques essentiels à l’activité humaine.

Il suffit par exemple d’aller sur www.associationarchive.com.

Il est donc essentiel d’utiliser Internet, dans le cadre des programmes éducatifs, mais en veillant à ce qu’il s’inscrive dans le cadre de notre perspective de « donner du sens à l’enseignement ».

Internet devrait aussi favoriser les échanges et faire se conforter les points de vue entre les jeunes scolarisés de différents pays d’Afrique, et entre les jeunes des cultures européennes, asiatiques, etc…


3.2 – la coopération décentralisée marque des points au niveau du développement

Depuis de nombreuses années, la coopération décentralisée entre villes du nord et villes du sud a permis des échanges fructueux et des réalisations concrètes encourageantes. Plus souple et plus réactive que la coopération internationale institutionnelle, elle a à son actif des réalisations concrètes significatives: santé, assainissement, gestion urbaine, micro-projets économiques, etc.

Ces échanges sont à élargir au champ de la culture pour amener les jeunes africains à oser revendiquer leur propre culture et la faire connaître à l’extérieur. Les structures des villes du type « maisons des jeunes et de la culture » pourraient être des lieux privilégiés pour ces échanges. Une telle démarche constituerait un pas en avant important pour la participation citoyenne des jeunes africains au développement.

Il faut aller plus loin :
Des expériences de coopération décentralisée pourraient concerner l’appropriation citoyenne de leur identité par les jeunes africains en la faisant découvrir, sans complexe, aux jeunes des pays du nord.

Qu’un groupe de chanteurs ou de danseurs africains viennent présenter son spectacle aux jeunes d’une ville de France (par exemple) avec laquelle ils sont jumelés, c’est bien, mais - une fois le spectacle terminé - les retombées en sont limitées.
En revanche, si la Maison des Jeunes et de la Culture de cette ville accueille des jeunes africains et organise avec eux des soirées-débâts sur leur quotidien comme sur les richesses de leurs cultures (qui vont bien au-delà des chansons et des danses folkloriques), c’est bien différent. Surtout si les responsables respectifs se sont au préalable rencontrés et se sont mis d’accord sur les prolongements à donner à ces rencontres inter-jeunes.

3-3 – le rôle du NEPAD dans l’éducation

Le rôle central du NEPAD, est fondamentalement celui de faire des propositions de projets macro-économiques aux échelles régionale et continentale, et de servir de cadre de négociation des financements de ces projets avec les bailleurs de fonds. Dans le domaine de l’éducation, le NEPAD doit impulser des projets de création des universités ou instituts communs à tout le continent ou à une région donnée. Il pourrait être question par exemple d’institut spécialisés dans des technologies de pointe, des laboratoires de recherche sur les endémies qui touchent l’Afrique, notamment le sida et la malaria, etc.

Conclusion

La réforme de l’éducation qui inclut entre autres des programmes éducatifs, concerne au premier plan, les gouvernements de chaque pays. Cette réforme est l’une des réformes les plus urgentes, plus particulièrement en Afrique subsaharienne. Elle doit être menée intelligemment et avec courage. Pour nous, trois objectifs fondamentaux doivent guider cette réforme de l’éducation, à savoir :

· L’urgence d’entrer définitivement dans une modernité propre à l’Afrique. Ceci suppose des compétences humaines à la hauteur de cette ambition.

· L’urgence de réhabiliter les cultures locales et les valeurs qu’elles véhiculent, et de les transmettre aux différentes générations à travers les programmes éducatifs.

· Et enfin, donner un sens et une âme à l’éducation.


L’éducation ne bénéficie pas aujourd’hui ni de suffisamment de moyens pour son fonctionnement, ni de vision stratégique, ce qui est préjudiciable au développement à court, moyen et long terme. Les gouvernements doivent accorder à ce secteur toute son importance, car, c’est réellement l’une des clés majeures du développement. Le système éducatif que la Corée du sud a mis en place dans les années soixante, lui a permis en si peu de temps, d’être aujourd’hui parmi les plus grands producteurs technologiques au monde, dans certains secteurs économiques. Les expériences asiatiques devraient beaucoup nous inspirer.

Mais, cette réforme de l’éducation fait partie d’un tout. Pour que son impact sur le développement soit rapide et efficace, il faut une vision et une stratégie globales du développement, pour que tous les principaux secteurs économiques soient réformés si nécessaire. Ceci permettra d’avoir une bonne synergie entre différents secteurs économiques, conduisant à un effet multiplicateur des résultats économiques et à une rapide accélération du développement.



Par:
Jean-Baptiste Mubumbyi-Dunia & J-B. Hippolyte Ndikumwami

Jean-Baptiste Mubumbyi-Dunia

Ingénieur chimiste et Mastère Spécialisé en Chimie de formulation à

l'ITECH de Lyon en France.

Ingénieur consultant KDS Projets « Eaux , Energies & développement

industriel en Afrique subsaharienne



J-B. Hippolyte Ndikumwami

Diplômé de l'Université Paris 12, de l'Ecole Nationale du Génie Rural

et des Eaux et Forêts à Nancy - France, et de l'Ecole Supérieure

d'Ingénieur de Marseille en management des

technologies, de la qualité et de l'environnement. Actuellement chargé

de mission à l’Office National des Forêts à Paris - France. Ingénieur

consultant KDS projets de « développement

rural en Afrique subsaharienne ».
ARCHIVE, le 15 Décembre 2006     

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