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REGARDS BLANCS SUR L'AFRIQUE : L'INDIGENE EXOTIQUE, LE SOLDAT COLONIAL...
EXHIBITIONS RACISTES QUI FASCINAIENT LES EUROPÉENS

Les zoos humains, expositions ethnologiques ou villages nègres restent des sujets complexes à aborder pour des pays qui mettent en exergue l’égalité de tous les êtres humains. De fait, ces zoos, où des individus « exotiques » mêlés à des bêtes sauvages étaient montrés en spectacle derrière des grilles ou des enclos à un public avide de distraction, constituent la preuve la plus évidente du décalage existant entre discours et pratique au temps de l’édification des empires coloniaux.

L’idée de promouvoir un spectacle zoologique mettant en scène des populations exotiques apparaît en parallèle dans plusieurs pays européens au cours des années 1870. En Allemagne, tout d’abord, où, dès 1874, Karl Hagenbeck, revendeur d’animaux sauvages et futur promoteur des principaux zoos européens, décide d’exhiber des Samoa et des Lapons comme populations « purement naturelles » auprès des visiteurs avides de « sensations ». Le succès de ces premières exhibitions le conduit, dès 1876, à envoyer un de ses collaborateurs au Soudan égyptien dans le but de ramener des animaux ainsi que des Nubiens pour renouveler l’« attraction ». Ces derniers connurent un succès immédiat dans toute l’Europe, puisqu’ils furent présentés successivement dans diverses capitales comme Paris, Londres ou Berlin.

Une telle réussite a, sans aucun doute, influencé Geoffroy de Saint-Hilaire, directeur du Jardin d’acclimatation, qui cherchait des attractions à même de redresser la situation financière délicate de l’établissement. Il décide d’organiser, en 1877, deux « spectacles ethnologiques », en présentant des Nubiens et des Esquimaux aux Parisiens. Le succès est foudroyant. La fréquentation du Jardin double et atteint, cette année-là, le million d’entrées payantes... Les Parisiens accourent pour découvrir ce que la grande presse qualifie alors de « bande d’animaux exotiques, accompagnés par des individus non moins singuliers ». Entre 1877 et 1912, une trentaine d’« exhibitions ethnologiques »de ce type seront ainsi produites au Jardin zoologique d’acclimatation, à Paris, avec un constant succès.


Du spectacle exotique au zoo humain :



Cette photo de femmes hottentotes ( Sud africain) fait partie d'une série prise par l'anthropologue Roland Bonaparte à l'occasion de l'exposition universelle de 1889.



Remarquez décor et mise en scène inspirée par la statuaire et la peinture classiques (thème tiré de la mythologie antique des « trois grâces » et du jugement de Pâris).



Tout cela montre comment colonialisme et racisme sont inscrits dans les mentalités de l'époque :


Deux versions de Tintin au Congo (en bas version actuelle "politiquement correcte").






La force noire :
« Quand les français les plus hostiles à l'expansion coloniale verront quelle réserve d'hommes l'Afrique occidentale française peut fournir, ils ne discuteront plus l'utilité des colonies pour la France. C'est en effet le seul remède qui pare à la crise de la dépopulation et au déficit des contingents militaires. Au cours d'une récente tournée en Afrique, le colonel Mangin s'est assuré que nous pouvions lever tout de suite dans nos possessions une force de 44 000 hommes. N'est-ce pas la meilleure preuve du succès de notre politique indigène et de la prospérité de nos protégés ? » La quinzaine coloniale, 25 mai 1911, page 325.

Des tirailleurs coloniaux pendant la Première guerre mondiale

L'uniforme du poilu dont sont revêtus ces soldats coloniaux n'a pas fait disparaître le regard "anthropologique" : Le photographe s'attache surtout à souligner la diversité ethnique des "soldats indigènes". Ces soldats ont souvent été utilisés dans les zones les plus difficiles du front.
Les adversaires de la colonisation disent qu’ils furent une véritable « chair à canons »
Extraits du livre d’Henri Barbusse « le feu ».

LES TROUPES COLONIALES : On les regarde est on se tait. On ne les interpelle pas, ceux-là. Ils en imposent, et même font un peu peur. Pourtant, ces Africains paraissent gais et en train. Ils vont, naturellement, en première ligne. C'est leur place, et leur passage est l'indice d'une attaque très prochaine. Ils sont faits pour l'assaut. —Eux et le canon 75, on peut dire qu'on leur z'y doit une chandelle! On l'a envoyée partout en avant dans les grands moments, la Division marocaine ! — Ils ne peuvent pas s'ajuster à nous. Ils vont trop vite. Et plus moyen de les arrêter...

—Au fond, ce sont de vrais soldats. Ils sont vraiment d'une autre race que nous, avec leur peau de toile de tente, avoue Biquet qui, pourtant, n'a pas froid aux yeux. Le repos les embête, tu sais; ils ne vivent que pour le moment où l'officier …. dit : «Allez, partez » (p.54)

Joseph s'appuie sur moi. Nous descendons dans le ravin. Le talus par lequel nous descendons s'appelle les Alvéoles des Zouaves... Les zouaves de l'attaque de mai avaient commencé à s'y creuser des abris individuels autour desquels ils ont été exterminés. On en voit qui, abattus au bord d'un trou ébauché, tiennent encore leur pelle-bêche dans leurs mains décharnées ou la regardent avec leurs orbites profondes où se racornissent des entrailles d'yeux. La terre est tellement pleine de morts que les éboulements découvrent des hérissements de pieds, de squelettes à demi vêtus et des ossuaires de crânes placés côte à côte sur la paroi abrupte, comme des bocaux de porcelaine. Il y a dans le sol, ici, plusieurs couches de morts, et en beaucoup d'endroits l'affouillement des obus a sorti les plus anciennes et les a disposées et étalées par-dessus les nouvelles. Le fond du ravin est complètement tapissé de débris d'armes, de linge, d'ustensiles. On foule des éclats d'obus, des ferrailles, des pains et même des biscuits échappés des sacs et pas encore dissous par la pluie. Les gamelles, les boîtes de conserves, les casques sont criblés et troués par les balles, on dirait des écumoires de toutes les espèces de formes ; et les piquets disloqués qui subsistent sont pointillés de trous. (p.269)


Une image familière :


La marque de cacao en poudre Banania a récupéré l'image populaire du tirailleur sénégalais, avatar du "bon sauvage".

Le slogan « Y'a bon Banania » radié à jamais - LExpansion.com 01/02/2006
Le célèbre slogan « Y'a bon Banania » n'aura plus jamais droit de cité. L'entreprise Nutrimaine, qui fabrique la poudre de cacao pour petits déjeuner, a annoncé qu'elle le radiait définitivement à la suite de la plainte déposée par le collectif des Antillais, Guyanais et Réunionnais. Inventé en pleine première Guerre Mondiale en référence aux régiments de tirailleurs sénégalais, ce slogan, perçu aujourd'hui comme raciste et portant atteinte à la dignité humaine, n'était pourtant plus utilisé depuis trente ans !

La première immigration : « Un mouvement intéressant se produit parmi les indigènes algériens depuis quelques années. Ils viennent chercher du travail en France. L'immigration paraît avoir commencé par Marseille. Les ouvriers des huileries et des raffineries de cette ville s'étant mis en grève, les industriels eurent l'idée de demander à Alger si on ne pourrait pas s'y procurer de la main-d'œuvre. Il leur vint ainsi quelques centaines d'ouvriers indigènes.
Une seconde immigration fut due à la catastrophe de Courrières. La mine, subitement privée du concours de 1600 ouvriers tués par un coup de grisou, fit venir à son tour quelques centaines de Kabyles pour combler en partie ce vide. Aujourd'hui un courant régulier paraît s'établir entre les colonies et la métropole et s'accélérer par suite de deux circonstances. D'un côté, les indigènes sont attirés par l'élévation des salaires ; ils ne gagnent guère que 2 francs, au plus 2 fr. 50 en Algérie, tandis qu'en France on leur offre le double ; et la suppression du permis de voyage qui leur était imposé autrefois (…) D'un autre côté il y a en France une véritable crise de main d'œuvre ; nos grandes industries ne savent pas où se procurer des ouvriers et, à l'imitation des raffineurs de Marseille et de la mine de Courrières, elle songe à utiliser les Kabyles. (…) [D'après le journal officiel] la présence de 3000 ouvriers indigènes algériens a été constaté en France, dont 400 dans les mines du Pas de calais, 800 dans les huileries et raffineries de Marseille, et 250 dans les raffineries de la Seine. Mais d'après ce que l'on sait de l'immigration annuelle des Kabyles en France, ces chiffres sont fort au dessous de la réalité . Il faudrait probablement aller jusqu'à 6000 pour avoir le total vrai. » La quinzaine coloniale, 25 août 1913, page 567.




Le monde de la chanson est à le mode "nègre":



Moi, bon nègre tout noir, tout noir,
De la tête aux pieds, si vous voulez voir,
Venu à Paris, pensant rigoler ;
Mais moi bien trompé, toujours m'ennuyer,
Aussi, gros chagrin, moi le dire à vous,
Vouloir retourner chez nous.
{Le refrain} :
A la cabane bambou bambou,
A la cabane bambou you
Moi mis à la mode française,
Parce que moi forcé, mais pas être à l'aise
Avec pantalon et tout le fourbi :
Bretelles, faux-col et souliers vernis
Moi aime bien mieux la mode de chez nous
Avec pas de costume du tout
{Le refrain}
Moi pour faire partir mon ennui
Eté Moulin-Rouge, Casino de Paris,
Avoir vu petite femme chahuter beaucoup ;
Mais moi préférer danseuse de chez nous
Qui remuent leur bedon sens dessus dessous
Et leur gros derrière itou.
{Le refrain}
Pourtant emmené en m'en retournant
Jolie petite femme avec corps blanc,
Moi ferai avec elle famille au complet
Petits enfants couleur café au lait
Moi, pour bien remplir mes devoirs d'époux
Lui donnerai baisers bien doux
{Le refrain}...




Source: http://hgsavinagiac.over-blog.com
Source: http://www.monde-diplomatique.fr "Ces zoos humains de la République coloniale" par Nicolas Bancel, Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire.












ARCHIVE, le 21 Février 2011     

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