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PAULETTE NARDAL
1896-1985
Née en 1896 au François, en Martinique, Louise Achille, met au monde son premier enfant. C’est une fille, elle s’appellera Paulette. Six autres enfants vont suivre, toutes des filles.
Le père de Paulette, Paul Nardal, est né en 1864. Il est le premier Noir martiniquais à bénéficier d’une bourse d’études et deviendra par la suite le premier ingénieur noir de Martinique. Cet homme, décrit comme droit, élégant, très à cheval sur l’éducation, l’honnêteté et la valeur du travail restera un modèle et une référence pour ses sept filles.

La découverte de Paris
C’est dans ce contexte que Paulette Nardal suit sa scolarité. Après avoir obtenu son diplôme d’études secondaires, équivalent du baccalauréat actuel, la jeune femme devient institutrice. En 1920, elle quitte son île natale pour Paris où elle décide d’étudier l’anglais à la Sorbonne. Il s’agit de la première étudiante noire martiniquaise de cette prestigieuse université.
Très vite, Paulette Nardal se retrouve dans son élément à Paris. Elle enchaîne les sorties culturelles, le théâtre, les concerts, les expositions... Elle se retrouve régulièrement au "bal nègre". Dans ces salles bondées et surchauffées, des couples noirs ondulent et se balancent sur des rythmes de biguine. C’est l’un des rares endroits où la jeune femme peut retrouver ses repères culturels.

Le salon des sœurs Nardal
Paulette Nardal est avant tout une femme de lettres. Son diplôme d’anglais en poche, elle devient journaliste et se rapproche des écrivains afro-américains du mouvement « Harlem Renaissance » qui défendent la Culture et la littérature noire. Dans son appartement de Clamart où elle vit avec ses sœurs Andrée et Jeanne, elles organisent des rencontres bilingues. Le sénateur haïtien Jean Price-Mars ou encore l’écrivain René Maran se côtoient. Paulette Nardal s’attache à créer des liens fraternels entre les écrivains de la diaspora noire, fussent-ils africains, antillais ou américains.

Chez les sœurs Nardal, tous les dimanches après-midi, on se réunit, on discute de littérature et de l’image de l’homme noir en occident. Non, le Noir ne cherche pas à ressembler au Blanc, non il n’est pas complexé par sa couleur de peau, ses traits négroïdes, ses cheveux crépus... Le Noir est fier de sa Culture, de sa différence, et, avec les membres du salon des sœurs Nardal, il le clame haut et fort et défie les « civilisés ». Avant Léopold Sedar Senghor et Aimé Césaire, ces écrivains seront les premiers à prôner un « internationalisme nègre ».


Peu de temps après, Paulette, sa sœur Andrée et le docteur ès lettres haïtien Leo Sajous fondent La Revue du Monde Noir. Ce journal, publié en français et en anglais, est le premier à accorder une tribune aux Noirs du monde entier. Ils peuvent y débattre de leurs problèmes, revendiquer leur spécificité et refuser la vision réductrice qui justifiait leur colonisation par leur "absence évidente de civilisation". Parmi les plumes de la Revue du Monde Noir, on retrouve entre autres les écrivains Noirs américains, Claude McKay, Langston Hughes, ainsi que le Sénégalais Léopold Sedar Senghor. Les fondateurs de la Revue du monde Noir convient également des écrivains suédois ou encore l’ethnologue allemand Leo Frobenius.
Un mouvement précurseur de la Négritude
« Créer entre les Noirs du monde entier, sans distinction de nationalité un lien intellectuel et moral qui leur permette de mieux se connaître, de s’aimer fraternellement, de défendre plus efficacement leurs intérêts collectifs et d’illustrer leur race ».
Tel est l’objectif affiché de cette publication autour d’une devise : « Pour la paix, le travail et la justice, par la liberté, l’égalité et la fraternité ».
La Revue du Monde Noir cessera de paraître en 1932, après 6 numéros, faute d’argent. Mais les sœurs Nardal ont lancé le mouvement. D’autres revues consacrées aux problématiques noires, comme « Légitime Défense » où « L’étudiant Noir » suivent. Aimé Césaire et Léopold Sedar Senghor développeront le concept de la Négritude, Paulette Nardal ayant déjà créé la vague qui les portera. Celle-ci dira plus tard : « Césaire et Senghor ont repris les idées que nous avons brandies et les ont exprimées avec beaucoup plus d’étincelle. Nous n’étions que des femmes. Nous avons balisé les pistes pour les hommes ».

Retour à la Martinique
Paulette, amie de Senghor, se sent proche de l’Afrique et des Africains. Elle se rend au Sénégal en 1937, se mobilise contre l’invasion de l’Ethiopie par l’Italien Mussolini un an plus tard.
A l’aube de la 2ème Guerre mondiale, en 1939, alors que Paulette rentre d’un séjour en Martinique, son bateau est torpillé par un sous-marin allemand au large de l’Angleterre. La femme sauve sa vie en se jetant dans un canot de sauvetage. Dans sa chute, elle se fracture les deux rotules. Sa blessure est soignée en Angleterre. Dès sa sortie de l’hôpital, Paulette Nardal, qui restera handicapée à vie, retourne dans son île natale.
A la Martinique, le régime de Vichy bat son plein. Par milliers, des jeunes, parfois à peine âgés de 15, ans font le choix d’aller rejoindre le général de Gaulle et les opposants au régime de Pétain. Ces jeunes dissidents doivent transiter par les îles anglaises voisines, telles Sainte-Lucie où la Dominique avant d’être formés militairement. Paulette Nardal leur donne alors clandestinement des cours d’anglais afin qu’ils puissent être opérationnels dès leur arrivée sur les îles anglophones.

La militante
En même temps, Paulette Nardal veut sensibiliser les femmes martiniquaises à la politique. Elle crée, en 1945, le Rassemblement Féminin, incite les femmes de tous milieux à se servir du droit de vote qui vient tout récemment de leur être accordé. Elles doivent prendre leur avenir en main. Trois ans plus tard, c’est dans cette optique qu’elle crée une nouvelle revue : La femme dans la cité. La militante se bat pour la construction de crèches en Martinique, cherche des moyens d’aider financièrement les filles-mères... La journaliste profite également de l’occasion pour créer une rubrique « Culture » dans la revue. En effet, l’effervescence et les sorties parisiennes lui manquent cruellement.

Réhabiliter la musique martiniquaise
Femme de lettres, engagée politiquement, Paulette Nardal, tout comme ses six sœurs, avait également hérité de la passion paternelle pour la musique. En 1948, la Martinique célèbre le centenaire de l’abolition de l’Esclavage. A cette occasion, aidée de sa sœur Alice, elle rédige un historique de la tradition musicale des campagnes martiniquaises. Le Bèlè, le Ladjia doivent retrouver leur place dans la musique antillaise qui lui préfère les chanteurs jazzy de l’époque. Elle fonde une chorale, et veut montrer l’âme noire à travers le chant, que ce soit du folklore, des negro-spirituals, des chants classiques ou sud-américains. Ce professeur à la peau très noire, aux oreilles ornées de pendants en or, les cheveux à peine grisonnants, relevés en chignon, élégant et diplomate, s’employait à transmettre son amour du chant à tous ses élèves sans jamais élever la voix.

Le 16 février 1985, à l’âge de 89 ans, Paulette Nardal s’éteint, célibataire et sans enfants. Pour beaucoup, cette femme brillante, restera celle qui répétait inlassablement à ses amis et ses élèves : « Black is beautiful ». L’image de Paulette Nardal, si fière d’être noire, demeurera longtemps un modèle pour la Martinique.
    

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